Géographies subjectives - Dialogue autour de "Cordelia la Guerre" entre Marie Cosnay et Frédéric Khodja

Cordelia la guerre, au tout début de l’écriture, mêle deux mondes. Celui d’avant, le déjà connu, la fameuse histoire d’un roi qui perd tout et va à la perte avec une joie folle, inquiétante. Le monde de la dispersion, une dispersion qui a eu lieu et ce qu’il faut, c’est la répéter.



Un autre monde, et il a lui aussi ses représentations (le roman policier ou d’espionnage). C’est un monde de finances et de fuite et de flux de capitaux, de palais, de luttes, de villes coupées en deux.


Les deux mondes se rencontrent. C’est au début du roman, le commissaire Durruty tient une nuit en garde à vue Kent, l’ami fidèle du roi Lear que le roi Lear, dans un moment de colère, a chassé.


Par ailleurs :


Ville du haut, ville d’en bas. 

frontière.

Palais, palais jumeaux, celui de Lear, dans les bois, celui de Gloucester, qui copie le premier. 

Deux frères de même surnom. 

Un fleuve qui coupe le tout.


Il y avait une symétrie et quelque chose que je voyais assez bien alors que je ne suis pas du tout capable de voir les géographies.

C’est à dire que les deux mondes qui se joignaient, celui de Lear et celui du commissaire Durruty et cie, ainsi que les symétries nombreuses : ça me faisait des tas d’images, j’aurais voulu les poser un peu. 


J’ai eu envie que Frédéric Khodja m’aide à voir et à poser. Au début je lui ai dit : une carte. 


Au début, j’ai pensé : des mondes collés, ahuris de se retrouver joints, j’ai pensé aux géométries (fictions 2010), de Frédéric, qui sont des éclats de cartes postales découpées, assemblées et marouflées sur feuille dessin. (voir sur le site de Frédéric)