Mathieu Brosseau,

Data Transport

- Ogre n°5

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  • "Data Transport (Mathieu Brosseau)", par Lucien Raphmaj, Raphmaj, le 13 janvier 2018

    "Il y a dans les pages de Data transport des pages que l’on pourrait arracher, non pas parce qu’elles seraient « élevées à la puissance du ciel étoilé » comme le rêvaient Mallarmé et Valéry, non, des pages dont les mots se défont pour laisser la nuit se faire. Des images qui s’endorment et veillent en nous."

  • "Notes de lecture : Data Transport", par Hugues Robert, Charybde 27 :  le Blog, 30 octobre 2015

    "Rarement un personnage de roman aura vu peser sur lui, qui se voudrait toute insignifiance et légèreté, de telles responsabilités : déchiffrer la trame du réel, saisir la béance des interstices qui sont la substance des rêves, réinventer le langage qui puisse convenir au monde et à soi."

  • "Data Transport", par Jean-Philippe Cazier, blog Mediapart, 16 juin 2015

    "Le récit ne cesse de se disséminer, de fuir. C’est finalement le livre lui-même qui est inséparable d’un mouvement de dissémination, c’est d’abord cette dissémination, ce mouvement répété de fuite qui constitue le livre. D’où son étrangeté, le fait que le roman se déplace sans cesse, évite tout sol trop fixe, tout genre arrêté, toute signification dernière, toute « fin de l’histoire »."

  • "Mathieu Brosseau - Data Transport", par Philippe Di Meo, Poezibao, 12 juin 2015

    "Bavard impénitent, enclin à l’abstraction. Non sans  logique, une autre logique, M. dégoise de choses essentielles : du temps, du tout et du rien. Du mouvement cosmique, surtout. En se gardant bien d’enfiler les oripeaux usés jusqu’à la trame du romanesque. Un discours subtil que le sien se prévalant de l’étymologie ou, encore, de la paronomase pour se reproduire, de volute en volute. Mais qu’on y prenne garde, ce tout plural est solidaire. Muybridge, le chronophotographe dûment cité, fédère symboliquement et un tant soit  peu clandestinement toutes les miettes."

  • "Mathieu Brosseau, Data Transport", par Romain Verger, Membrane, 10 juin 2015

    "Connu jusqu’ici pour sa poésie, Mathieu Brosseau signe avec Data Transport son premier roman, un texte très personnel, de transition, qui s'essaie au genre tout en se jouant de lui, maintenant tout du long en tension récit et poésie. Il serait bien sûr idiot de vouloir réduire M. - personnage-initiale tout en esquisse et en esquive - à un double autobiographique de l'auteur, mais la trajectoire de M. , de sa naissance à sa vaporisation, est bien celle d'un poète, d'une figure se construisant dans et par les mots, dans un environnement de lettres, entendues dans les deux sens du terme : signes et correspondance. Au fil du récit et de la formation du personnage, une vocation se dessine, fruit d'une interaction poétique et sensible avec le monde, faite de porosité maladive et de mimétisme. [...] Data Transport est la biofiction poétique d'un fascinant ectoplasme."

  • "Mathieu Brosseau - Data Transport", par Fabrice Thumerel, Libr-Critique, 21 mai 2015

    "M comme mer, méduse, méditation… M comme Mathieu ? Non, pas vraiment, ou alors son double – dont la voix n’est pas sans rappeler celle des proses poétiques, et en particulier La Confusion de Faust, UNS et Ici dans ça. Nulle autofiction ici : "Toutes les histoires privées sont dégueulasses à raconter"."

  • "Naître avec une seconde de retard", par  Natacha Margotteau, nonfiction.fr, 23 mai 2015

    "Lire ce roman, c’est prendre le risque de la dissolution, celle du récit, celle de son personnage et peut-être même de la sienne. Puisque le narrateur précise que les commentaires ont de tels effets corrosifs sur M qu’ils accentuent dangereusement sa porosité, et qu’il vous invite dans le même temps à regarder « par la fenêtre le temps du récit se fondre, perdre sa lucidité ».

  • "La Fin de la fin signe le retour du réel", par Pierre Ménard, Liminaire, 14 mai 2005

    "Data Transport est l’histoire de cette échappatoire, de cette absence et de ce manque salvateurs, et c’est la force et la belle réussite de ce texte poétique de Mathieu Brosseau qui parvient avec intensité, dans un travail subtil de la matière même de la langue, tout en écarts et tensions, à nous entraîner dans le récit de cette quête faite de folie et de fulgurance, pour retrouver le langage."

  • "Ce qui fait communauté réside dans notre commune subjectivité…", entretien entre Mathieu Brosseau et Armand Dupuy, Remue.net, 13 mai 2015


    "Dans Data Transport, qui est là un roman, j’ai composé une fable dont l’histoire, qui n’est pas la mienne, tente de dire des choses qui la dépassent. Une histoire dont la structure fait état d’une vision du monde mais qui reste perplexe. Dans ce roman, je mets en scène un personnage né avec une malheureuse seconde de retard et qui, à l’instar du lapin d’Alice, va tenter de courir après celle-ci. Cette seconde en moins aura des conséquences majeures et décisives sur la suite de son existence.

    Il est clair que tu retrouveras des motifs proches dans Ici dans ça, motifs qui me hantent et sont le nerf de mon travail d’écrivain, comme l’identité, le temps, la disparition, le signe, le désir, la mémoire, etc. Ces livres ont la même source, ils ne sont pour autant pas faits de la même manière, ni totalement de la même matière. Les personnages de tous les romans sont des figures détournées de l’auteur, pour autant ils ne sont pas l’auteur lui-même (d’ailleurs, qui est-il ?) et c’est ce qui distingue, entre autres choses, fiction et poésie.

    Enfin, non, je ne crois pas être un écrivain pointilliste, a priori. Ou bien je ne le fais pas exprès. Le cadre, la forme, la manière ne priment pas, ils ne peuvent pas être un postulat, ils ne sont que les habits de ce qui se dit. La réalité n’est pas un tableau figé et une représentation découpée par des points, un plan séquence de 24 images/seconde, elle est un flux total, uni. Je veux écrire de la réalité. Un tableau est une scène. Une narration est une scène. Il faut la mettre en tension et sentir ce qui déborde, en creux, ce qui se dit entre les lignes. Je ne suis donc d’aucune école formelle. L’idée est de vivre l’écriture telle qu’elle me traverse plutôt que de faire l’effort laborieux et rétrospectif de décrire, de travailler le trait selon telle ou telle méthode acquise, je veux de l’ivresse, je veux être dans la parole qui est en train de se dire plutôt que dans la traduction travaillée a posteriori d’émotions ou histoires passées ou déjà vécues. Je veux que la réalité habite la forme forcément imparfaite du livre, ses trous, qu’elle se dise et se révèle par ses creux. Et ce, même dans un roman. Et ce, surtout dans un roman."

  • "L'art de la dissolution selon Mathieu Brosseau", par Claro, Le Clavier Cannibale, 7 mai 2015

    "La prose de Brosseau (...) cherche à devenir corps sans organe, à déterritorialiser la langue, à déplacer des blocs d’être. Ce que le roman perd en romanesque, il le gagne ici en intensité, comme si l’entreprise poétique se voulait virus, catastrophe – livre rythmé implacablement, féroce jusqu’en ses virgules, où les fulgurances secouent le lecteur."

  • "Mathieu Brosseau – Data Transport", par Teddy Lonjean, Un dernier livre avant la fin du monde, 4 mai 2015

    "Un texte résolument contemporain, inventif dans son écriture et difficilement définissable. Un ovni littéraire empruntant autant à l’exercice de style, qu’à la poésie contemporaine où le récit navigue entre son passé, son présent et les lettres ouvertes et lues de ci de là par M.

    Data Transport est assurément un texte des plus intéressant et intrigant à lire, même si la sensation d’être perdu par moments peut rebuter quelques lecteurs, la beauté du texte, la précision des mots choisis et le rythme imposé révèlent un texte fin et intelligent. La narration devient secondaire et l’on se surprend à relire certains passages d’admiration devant cette finesse d’écriture.

    Assurément l’Ogre fait un démarrage sans faute avec ses choix de publications, mais l’Ogre avec Data Transport de Mathieu Brosseau porte sur le devant de la scène un auteur capable de se hisser au niveau d’un Eric Chevillard ou d’un Olivier Saison. Une belle révélation."

Journaux

  • "Papiers d'identité", par Chloé Brendlé, Le Matricule des Anges, 12 juillet 2007

    "Premier roman d'un poète, Data Transport joue des genres littéraires et des mots ordinaires pour dire le besoin, intime, collectif, de douter et de se dérober.  [...] Si le "nous" est devenu impossible, le "on" irresponsable, le "je" trop ambitieux, le "il" et la fiction restent peut-être le plus sûr détour pour raconter l'histoire vraie d'un homme qui rêve et ne disparaît pas tout à fait, et faire au passage l'autobiographie de tout le monde. Il est grand temps, avec humour et maladresse, de se baigner dans le poème, et de retirer son couvre-chef."

  • "Les lettres naufragées et l'écrivain sauvé des eaux", par Alain Nicolas, L'Humanité, 9 juillet 2015

    "Data Transport demande au lecteur de faire un pas vers une aventure au coeur du langage, mais aussi un monde terriblement incarné, où les objets, les corps, les amours mêmes sont d'autant plus présents qu'il est difficile de les dire. Venu de la poésie, Mathieu Brosseau fait mieux que "passer au roman", il réalise un projet ancestral, unir roman et poésie."

  • "N'habite pas à l'adresse indiquée", par Natacha Andriamirado, La Nouvelle Quinzaine Littéraire, 15 juillet 2015

    "Ecrire à partir de quoi ? A qui ? Pour quoi ? Pour qui ? C'est le sujet même de ce splendide roman/poème qui ouvre, grâce à des associations d'idées défiant toute logique, à la dimension illusoire de toute vérité. [...] Data Transport est un livre heureux, où écrire et lire procèdent de la même ambition créatrice : l'attachement à ce monde, fût-il de cendres."

  • "Traversée. Dans quel états le "je" erre-t-il ?", par Marianne Dautrey, Le Monde des Livres, 18 juin 2015


    "À travers le récit d’un homme qui perd son langage et son histoire, puis reconquiert mémoire et parole en empruntant les mots des autres, placés au rebut, le roman semble demander qui, du langage ou de la réalité, fait le monde et le sujet. Si les objets parlent, les mots prennent corps eux aussi. La question des causes premières ne suscite aucune réponse mais un tourbillon logique qui dévore son propre texte et son héros au lieu même de leur naissance. Data Transport est le roman d'une spéculation poétique parfaitement jubilatoire."