Marie Cosnay,

Cordelia la Guerre

- Ogre n° 7

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  • "Cordelia la Guerre", sur Lundi matin, le 13 juin 2017

    « Une langue-pensée hachée, haletante. »

  • "Marie Cosnay, la fille manquante du roi Lear",  par Dominique Conil, Mediapart (accès abonné), 20 décembre 2015

    "Au cas où tout ceci vous paraîtrait peut-être un peu simple, un peu linéaire, n'oublions pas que Marie Cosnay détruit avec entrain les certitudes narratives. On explore ainsi la confusion en temps réel, les personnages ont des identités fluctuantes, voire des sexes incertains, leurs motifs sont parfois mystérieux. La langue elle-même est atteinte d’instabilité, ricoche sur le lieu commun, le détourne ou le souligne, happe la rue, est traversée de fulgurances poétiques, d’images magnifiques, tandis que Durruty inhale sa Ventoline et que les déchets toxiques ont chassé humains comme animaux de la ville. Le lecteur avance en incertitude, mais toujours, au moment où il pourrait se déclarer perdu, non sans plaisir, un contre-pied, une parenthèse complice, une mise à distance ludique le réintègre dans le jeu."

  • "Dialogues impromptus autour de Cordelia la Guerre", par Lou Dev et Eric Darsan, Blog d'Eric Darsan, 12 octobre 2015

    "Cordelia la guerre, ivre livre qui délivre la parole des indigents, indigènes nu-pieds qui, sans-voix, slament, hantent, le langage des possédants édentés qui, sous couvert d'argent, continuent d'ânonner les âneries des dits puissants. Ivre livre qui renforce la détermination dans nos choix de vie, des cris à l'écrit, de l'effraie à l'or frais. Ivre livre, rempart contre les rampants et leur pensée inique. Interfère dans le martèlement, ouvre l'évidence, la forge et force l'or à se changer en mais. Où donc, sous couvert de ne pas dire l'évidence, la subjugue par de subliminales interférences. Traduire l'infection d'un monde mal pensé. Guérir le mal commun par le bien dit."

    "Tirage de tête et chef de file, Cordelia la guerre préfigure une nouvelle forme de littérature, frontale et elliptique. Qui dit, rapide, l'action, évite la rime facile qui paraphrase à la périphérie des villes. Poésie, prophétie, stase et extase, incantation : Marie s'abyme sur le promontoire à l'endroit des paroles, fait feu de tout bois, prophylactique et propédeutique à la fois."

  • "#13 - Cordelia la Guerre", par Jérôme Marty, La Correspondance imaginaire, 8 octobre 2015

    "Rien n’est sacré ! Et puisse Cordelia emporter sa guerre — Cosnay, fait voguer l’anarchie !"

  • Cordelia la guerre: la folie Cosnay, par Claro, Le Clavier Cannibal, 31 août 2015

    "La phrase, on le voit ou plutôt on l’éprouve, avance en faisant des écarts, elle se contracte puis se dilate, forme comme des bulles (les parenthèses), puis allonge la foulée avant de se contracter à nouveau, jusqu’à devenir quasi tronquée, nominale. Et ce qu’on peut constater au niveau de la phrase est aussi vrai du récit dans ses mouvements aheurtés, ses cadences croisées. C’est moins Le roi Lear qui est ici réécrit que les ressorts de la tragédie : le fameux fatum sans cesse torpillée par l’entêtement humain. (...) Cordelia la guerre est un livre éminemment inquiet – autant par sa bouleversante théâtralité que par son entêtement poétique à sonder et faire résonner tous les motifs. Profondément singulier parce que courageusement pluriel, il risque de rendre risibles et vains nombre des livres qui paraissent en cette rentrée."

  • "Baignant par moments dans un climat onirique, voire fantastique, engendrant insidieusement l’irréalité chère aux éditions de l’Ogre mettra néanmoins un point d’honneur, pour la joie de la lectrice ou du lecteur, à tout expliquer le moment venu : aucun de ces détails curieux, créant ici et là une salutaire hésitation, ne restera dans l’ombre, et chacun des fils patiemment tissés au long de ces 340 pages prendra in fine sa place légitime dans le tableau d’ensemble. Associant étroitement, presque magiquement, la force dramatique issue de la stature mythologique du Roi Lear, les codes finement travestis du polar noir et du thriller, et une redoutable anticipation politique contemporaine par la puissance mutagène de son écriture, nous offre ici un très grand roman poétique et politique."

Journaux

  • "Oser l'épopée collective", par Natacha Margotteau, sur Mouvement, le 11 avril 2016

    "Cordelia la Guerre est un chant ; ce livre déploie toute la force de l'œuvre déjà écrite par l'auteur. Car Marie Cosnay écrit de toutes part. Ses textes, quelque soit leur nature, se débordent les uns les autres. Ce sont des textes en chœur : des voix qui courent au fil des narrations qui bifurquent, se télescopent, et des temps qui glissent en écho."

  • "Marie Cosnay raccomode le monde", par Bertrand Leclair, Le Monde des Livres, 26 novembre 2015

    "On ne soupçonnait pas Marie Cosnay, auteure d’une œuvre exigeante et reconnue, d’une telle puissance de feu en précipitant les personnages du Roi Lear dans notre quotidien ­décousu au rythme d’un polar déjanté afin de livrer à son tour la guerre aux paroles fausses et aux aveuglements volontaires avec une joie mordante, une joie de cannibale."

    "Cordelia la Guerre est de ces livres puissants comme des fleuves en crue, qui viennent noyer les frontières et les repères, charriant tout et même l'invraisemblable pour y faire surgir l'éclat d'une métaphore inédite."

    "Avec une énergie sidérante, elle fait le lien, rapièce les images entre elles, raccommode la réalité et nous raccommode avec le monde."

    "Quel est le rapport entre Shakespeare et Pôle emploi ? (...) Le rapport est l'enjeu du livre, évidemment : le rapport au tragique que notre quotidien éthéré prétend gommer, ou comment retrouver le lien entre la poésie qui hante le monde, les intérêts qui le commandent et la misère qui le submerge."



  • "Cordelia la Guerre", par Pierre Maury, Le Soir, 1er décembre 2015

    "Les paysages sont marqués par le feu et le sang. C'est la guerre. Cordelia est, comme dans Shakespeare, la fille de Lear. Le bruit et la fureur habitent un texte échevelé où la plupart des personnages sont doubles, ou une vague intrigue policière détourne l'attention des combats définitifs, où le GPU, Groupe des puissance unies, se défait en laissant des traces. La phrase résiste à la norme, s'en affranchit souvent, se brise et blesse au passage. Marie Cosnay est une écrivaine qui griffe."

  • "La poésie et le chaos de Shakespeare aujourd'hui", par Alain Nicolas, L'Humanité, 17 septembre 2015

    "Un sens inégalé du rythme, de l'ellipse et de l'allusion qui fait de "Cordelia La Guerre" le meilleur hommage qu'on puisse rendre à Shakespeare, celui de l'imagination et de la poésie."

Radios

  • La Guerre (4/5) :  Prose conflictuelle, avec Marie Richeux, "Les Nouvelles Vagues", France Culture, 10 septembre 2015


    Ecoutez le podcast de l'excellente émission de Marie Richeux ici.

    "C’est une expérience de lecture, où la littérature elle-même semble s’être mise en guerre, ou en tous cas très en mouvement, ce qui n’est pas pareil. Travailler ses puits noirs, ses cachettes. Repousser la rationalité et les faciles résolutions. Le langage comme autre surface, où l’on tombe, s’écroule et réfléchit."