Claro .,

Comment rester immobile quand on est en feu

- Ogre n°8

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Comment rester immobile quand on est en feu

jeudi 07 janvier 2016
Taille : 140/185 mm - 128p. - 14€
ISBN : 979-10-93606-26-2

« Que parles-tu de fondation ? la pierre seule n’est pas une fondation, la flamme aussi est une fondation, / la flamme dansante et boiteuse, la flamme biquante et claquante de sa double langue inégale ! » Ces vers de Claudel, prenons-les comme une mesure musicale, une invitation à faire dialoguer entre elles deux aspirations en apparence contraires, l’une portée vers le temps de la grâce, l’autre attirée par le plancher des vaches. Deux régimes de langue, donc, l’une danse l’autre pas, mais toutes deux sont prêtes à en découdre. Il s’agit donc ici, aussi, d’en découdre, de découdre le langage, de faire craquer ses coutures. Comment rester immobile quand on est en feu est à la fois un questionnement – l’exercice est périlleux – et un mode d’emploi – essayons toujours… –, une entreprise de gai savoir, où l’abstrait donne des coups. C’est le langage qui parle ici, incarné dans deux voix prises entre deux feux, avec pour horizon tremblé le refus d’être dupe et la joie de résister. » - Claro

Comment rester immobile quand on est en feu pourrait être un poème, ou un chant, un long dialogue plus proche d’une joute incantatoire que du théâtre. Il pourrait être tout cela en même temps ou tout autre chose. Disons que c’est un espace intégralement occupé par la langue, que Claro fait disparaître tout matière narrative pour ne donner à lire qu'une langue crue, à vif, qui incarne au sens propre la matière de deux mondes qui s’affrontent. Deux voix s’exprimant alternativement au travers de longues tirades qui façonnent brutalement la matière d’une langue politique.

Il en résulte une tension, un rythme qui se déploie sur plusieurs plans, qui nous pousse à murmurer ce texte, à le crier.  Comment rester immobile quand on est en feux est un geste poétique qui laisse apparaître toute la densité de l’œuvre de Claro, toute sa matière, qui évoque la difficulté de dire, d’écrire sans se départir du sentiment de domination qui accompagne tout tentative de rendre compte et la difficulté de dépasser le jeux, puisque la langue ne pourra rien, ou si peu, face à la complexité du réel.